L'utopie en marche à Besançon

En direct de l'université d'été des mouvements sociaux

Après une année marquée par la mobilisation contre la "loi Travail" ou encore la gestion complexe de ce qui a émergé dans les média comme une "crise migratoire", la rédaction de Radio Campus questionne notre rapport à l'espace public, l'action sociale et l'ouverture au monde. Retour sur ces deux émissions spéciales, en direct de l'université d'été des mouvements sociaux et de la solidarité internationale qui s'est tenue à Besançon du 6 au 9 juillet dernier,.

Radio Campus Besançon université d'été des mouvements sociaux
 

L'UTOPIE, D'HIER A AUJOURD'HUI

Besançon, avec des figures comme Pierre-Joseph Proudhon, Charles Fourier, ou encore Nicolas Ledoux, est un bassin historique de la pensée utopiste. Or dans la société actuelle, les utopies continuent de jouer un rôle, selon notre invité, l'historien Michel Antony.

Il distingue aujourd'hui l'utopie de réaction, comme l'autogestion par ses ouvriers de l'usine horlogère Lip dans les années 1960 à Besançon, des utopies qu'il nomme "créatives" ou "douces", dans lesquelles les citoyens créent les initiatives correspondant à leurs besoins.

“Rêver est nécessaire pour nous aider à construire.”

LA SOLIDARITE INTERNATIONALE A L'EPREUVE DES ENJEUX MIGRATOIRES

En 2015, le nombre de demandeurs d'asile dans l'Union européenne a atteint un nouveau record. 1 255 600 personnes au total ont déposé une "demande de protection internationale", soit plus du double par rapport à l'année 2014. En France, sur cette même année, 80 075 demandes ont été déposées à l'Ofpra, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, établissement français en charge d'accorder le statut de réfugié ou d'apatride. C'est 23,6 % de hausse par rapport à l'année précédente. L'accueil de ces flux de population est un enjeu majeur dont il est question avec nos invités.

Blandine et Céline, bénévoles à la Cimade, l'association de solidarité avec les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile, nous parlent de l'action de cette association, créée en 1949, qui propose un accompagnement administratif et juridique aux étrangers dans leurs demandes d'asile ou de titres de séjour.

"L'asile est donné à des personnes qui peuvent expliquer pourquoi elles sont personnellement en danger si elles retournent dans leur pays. Il y a donc tout un récit à construire, des preuves à apporter. Ce n'est pas évident du tout."

“Suivant le terme qu’on emploie, on renvoie vers un accueil ou un non-accueil.”

Quelle liberté de déplacement possède-t-on, que l'on soit expatrié, migrant, réfugié ou sans-papier ? La diversité des termes entretient l'ambiguité, nous expliquent nos invités. Vanessa et Patrick, de la Fasti, la fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés, accompagnés de Laura et Sissoko, du CSP75, le collectif des sans-papiers 75.

“La pauvreté de langage dominant ne restitue absolument pas la diversité des situations et des parcours. Une même personne, au cours de son parcours migratoire, peut se retrouver concernée par l’un ou l’autre de ces termes.”

Pour aller plus loin : l’étude réalisée par le CSP 75 sur les différences de discours autour des migrations.

 

"NUIT DEBOUT", HERITIER DE LA DESOBEISSANCE CIVILE

Mode d'action sociale popularisé notamment en Inde par Gandhi dans la première moitié du vingtième siècle, la désobéissance civile a encore de beaux jours devant elle. Petit manuel de désobéissance civile en compagnie de Nicolas Haeringer, membre du comité de rédaction de la revue Mouvements et chargé de campagne sur le site 350.org

“Le pouvoir ne dépend pas uniquement de sa propre force, mais du fait que l’on consent à ce que ce pouvoir s’exerce sur nous. C’est une chose très forte de retirer son consentement.”

Haro sur les banques

La désobéissance civile en action, c'est le motto d'Alexis, militant d'Attac et faucheur de chaises à ses heures perdues. Sa cible : le monde de la finance.

"Quand on explique que l'on fauche des chaises, ça fait toujours sourire, mais finalement ça permet de mettre dans le débat public une vraie question fondamentale, celle de l'évasion fiscale."

"La différence, c'est la transparence"

Evasion fiscale, PanamaPapers, Luxleaks, mais tout est-il pourri au royaume de la banque ? Présentation d'une alternative aux circuits financiers classiques avec Jean-Philippe, qui appartient à une banque coopérative de finance éthique, la Nef. Cet établissement compte 37 000 sociétaires, 400 millions d'euros d'encourts sur des livrets d'épargne, et se veut un outil de financement transparent de projets solidaires.

 "A la fin de la journée, chacun peut se poser cette question : où va mon argent ? Cette question est à l'origine de la finance éthique et solidaire."

Plus radical que mettre son argent dans un établissement bancaire éthique, pourquoi pas laisser les euros au placard et passer à une monnaie alternative, ou plutôt "complémentaire", corrige Sébastien Paris, qui s’est lancé dans la création d’une monnaie locale à Besançon : la Pive.

"L'idée est de prendre des euros et de les ramener dans une économie réelle, dans l'optique de favoriser les interactions au sein des réseaux économiques locaux."

CARTE BLANCHE A RADIO MNE

Radio MNE Campus Besançon université d'été des mouvements sociaux UEMSSI

Nos collègues mulhousiens de Radio MNE, Fanny, Luc, Schub, Sylvain, Eva et Pierre, nous font le bilan de l'Université d'été des mouvements sociaux en évoquant, entre autres, l'atelier de sensibilisation aux médias qu'ils ont mené.

PODCASTS

Radio Campus Besançon UEMSSI Université d'été des mouvements sociaux

Retrouvez les deux émissions réalisées en direct de l'Université d'été des mouvements sociaux et de la solidarité internationale :

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